Dossiers

thématiques du CSFD

2016
46 pp

Résumé

En 2016, une centaine de satellites civils observent la Terre depuis l’espace. Ils permettent de recueillir des données, le plus souvent sous forme d’images, sur toute la surface de notre planète y compris dans les endroits les plus inaccessibles. Ils le font à un coût modéré et de façon répétée dans le temps, ce qui permet de mesurer, de modéliser et de suivre les évolutions de notre environnement à différentes échelles spatiales et temporelles. Les applications de la télédétection (ensemble des appareils et des techniques produisant des images satellitaires ou aériennes) sont ainsi variées— météorologie, environnement, urbanisme, etc.

Dans le contexte de la désertification, la télédétection apporte une aide irremplaçable pour la compréhension de ce phénomène. De multiples informations — du local au global— fournies par les satellites permettent de diagnostiquer les effets de la désertification, de mesurer son évolution dans le temps — extension, stabilisation, régression. Les systèmes d’alerte précoce et l’assimilation de données dans des modèles permettent même de prévoir des évolutions. Elles sont essentielles à l’établissement de scénarios et de prospectives à diverses échéances et contribuent de ce fait à la prise de décisionsà court terme ainsi que la définition de stratégies à moyen et long termes dans un objectif de développement durable.

Ce dossier présente tout d’abord quelques notions physiques indispensables à la compréhension de la télédétection et les principaux paramètres observables par satellite. Il nous fait ensuite découvrir différentes utilisations possibles des images satellitaires au service de la lutte contre la désertification, au travers de plusieurs exemples récents. Il se conclut sur un guide pratique pour aller plus loin, grâce aux logiciels libres et aux images mises à disposition gratuitement notamment par les agences spatiales françaises, européennes et américaines.

2010
52 pp

Résumé

La terre cultivable est une ressource vitale pour l’humanité. Son exploitation permet de nourrir chaque jour la population mondiale. Sa superficie, limitée, est en constante diminution—2 hectares par habitant en 1900 contre 0,4 en 2010—du fait des impacts des activités humaines et de la croissance démographique. La terre cultivable n’est pas renouvelable naturellement à l’échelle de temps humaine et elle est irremplaçable car personne ne peut en fabriquer. Il convient donc de bien la gérer. Ainsi, connaître l’état actuel de dégradation des terres est indispensable pour définir des politiques de protection, de restauration et/ou de gestion durable.

Une première évaluation mondiale de l’état des terres, réalisée en 1990, a produit des résultats incomplets à cause d’un manque de procédure commune d’évaluation. Ce dossier du CSFD décrit une méthode harmonisée pour déterminer l’état de dégradation des terres, qui est applicable à différentes échelles spatiales—depuis l’exploitation agricole jusqu’à un pays tout entier—et dans toutes les zones climatiques du monde.

Trois indicateurs principaux sont retenus : le type, l’extension et le degré de dégradation. Une fois regroupés, ils constituent un indice synthétique de dégradation qui est représenté de manière simple sur des cartes facilement exploitables par les politiciens, les décideurs et les médias. Des indicateurs complémentaires sont utiles au personnel chargé de mettre en œuvre les actions de lutte contre la dégradation dans les zones sélectionnées par les décideurs : vitesse et tendance de la dégradation, historique, sensibilité et résilience des sols, causes possibles, effets hors-site, densité de population rurale.

Les résultats obtenus peuvent contribuer à atteindre certains des objectifs de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, particulièrement les objectifs nationaux des États affectés par la désertification qui doivent faire régulièrement l’état de la dégradation des terres.

Lutte contre la désertification
Lutte contre la désertification L'apport d'une agriculture en semis direct sur couverture végétale permanente (SCV)
4
2006
40 pp

Résumé

L’eau et le sol sont les premiers supports de la chaîne alimentaire des écosystèmes qui, en retour, par leur biomasse, alimentent le sol. La désertification touche ces deux composantes primordiales, sols et eaux, avec des effets induits sur l’ensemble de l’écosystème qui devient alors vulnérable, perd de sa biodiversité, donc de sa résilience et de ses fonctions. Ces écosystèmes dégradés ne sont plus capables de fournir des ressources et de rendre des services aux hommes, et particulièrement aux agriculteurs. Ces derniers doivent alors surexploiter le milieu, renforçant ainsi les processus de désertification. Comment contrecarrer une telle spirale, d’abord localement, puis globalement, à des échelles supérieures ?

C’est le challenge que prétend relever, du moins en partie, la recherche-développement sur les systèmes de culture en semis direct sur couverture végétale permanente (SCV), puis leur diffusion dans les pays du Sud, au cours du 21° siècle. Les systèmes SCV sont des systèmes de culture très innovants situés au cœur de l'agriculture de conservation et des pratiques agro-écologiques. Ils permettent de cultiver sans travailler le sol et assurent une protection permanente de ce sol grâce à des résidus de récolte et à l'introduction de couverts végétaux additionnels, en association, en succession annuelle ou en rotation avec les cultures principales.

2015
62 pp

Résumé

Dans le contexte actuel de contraintes climatiques et socioéconomiques, les agricultures des zones sèches doivent évoluer afin de s’adapter et de répondre à un double défi : produire plus pour satisfaire les besoins alimentaires importants de populations en croissance, mais aussi produire mieux de façon viable et durable. Pour cela, les agricultures de ces zones doivent évoluer vers des modes de production à la fois plus productifs, économes en ressources naturelles et résistants aux aléas climatiques.

Dans ce cadre, l’ingénierie écologique propose de nouvelles alternatives de gestion des systèmes agro-sylvo-pastoraux caractéristiques des régions arides et semi-arides d’Afrique subsaharienne. Ceci implique de maitriser la complexité des systèmes étudiés et de s’inspirer à la fois du fonctionnement des écosystèmes naturels de référence à la région agroécologique concernée — les savanes pour les zones sèches ouest-africaines — et des pratiques traditionnelles et savoir-faire locaux issus d’une longue adaptation face aux contraintes environnementales.

À partir des expériences ouest-africaines notamment, différentes options pratiques sont exposées dans ce dossier. On pourra ainsi agir sur la biodiversité des organismes, que ce soit les plantes ou les microorganismes du sol par exemple, favoriser le recyclage des matières organiques et des éléments nutritifs pour les plantes qui sont associées, maitriser les cycles de l’eau et, enfin, agir sur l’organisation des paysages pour favoriser un meilleur contrôle des ravageurs de culture.

Cependant, développer une telle approche demande une vision intégrée du fonctionnement et de l’évolution des systèmes agro-sylvo-pastoraux. Les questions sociales — le foncier, l’urbanisation et les migrations — et économiques — les marchés des denrées de première nécessité, la pauvreté, etc. — sont des déterminants essentiels qu’il convient de prendre en compte pour le développement durable des populations dans les zones sèches en Afrique subsaharienne.

La restauration du capital naturel en zones arides et semi-arides
La restauration du capital naturel en zones arides et semi-arides Allier santé des écosystèmes et bien-être des populations
7
2008
40 pp

Résumé

Ce dossier thématique du CSFD se situe dans le cadre d’une volonté de communication, de partage et de discussion des éléments clés de la restauration du capital naturel en zones arides et semi-arides. Son but principal est de promouvoir l’insertion de cette approche au sein des sociétés et des communautés les plus touchées par les processus de désertification.

Les régions menacées par la désertification couvrent environ 40 pour cent des terres disponibles. Elles sont le plus souvent le lieu de pauvreté extrême. Une approche visant à restaurer simultanément les écosystèmes et la qualité de vie des populations locales y est par conséquent nécessaire.

La conservation de la biodiversité, la lutte contre la pauvreté ou le développement économique sont communément perçus comme ayant des intérêts indépendants et souvent conflictuels. Ce dossier nous montre que la restauration du capital naturel vise à mettre en commun ces intérêts à priori différents. En effet, cette approche associe restauration écologique et développement durable afin de mettre en synergie les bénéfices respectifs de ces deux approches.

Plusieurs sites variés à travers le monde, situés en zones arides ou semi-arides, ont été choisis pour illustrer les concepts élémentaires de la restauration du capital naturel sur le terrain. Ce dossier est le résultat d’une compilation bibliographique effectuée à partir du matériel scientifique disponible relatif à la restauration du capital naturel en zones arides et semi-arides. La grande majorité des définitions et des illustrations pratiques est adaptée de Aronson, Milton et Blignaut (2007). Un ouvrage regroupant 71 scientifiques, gestionnaires et journalistes de la communauté internationale dans les domaines de l’écologie, l’économie, et de l’économie écologique.

Combattre l'érosion éolienne
Combattre l'érosion éolienne Un volet de la lutte contre la désertification
3
2011
44 pp

Résumé

L'érosion éolienne est un mécanisme qui peut à lui seul ou en combinaison avec d'autres causes physiques ou socio-économiques aboutir à la désertification, c'est-à-dire à la dégradation sévère ou irréversible des ressources en eau et en sol. Avec une meilleure connaissance de ce phénomène, le modèle des années 1970 qui dissocie 3 phases (causes, mécanismes, conséquences) est obsolète compte-tenu des nombreuses rétroactions générées et des liens insidieux qu'elles entretiennent. Un combat efficace contre les méfaits de l'érosion éolienne exige de déceler dans le temps les seuils de déclenchement à l'aide des outils de télédétection (images satellites et photographies aériennes), de limiter et de localiser dans l'espace les phénomènes observés. Toute intervention sur le terrain ne peut-être efficace sans connaissance préalable des mécanismes de l'érosion éolienne à l'interface sol-atmosphère.

À l'interface sol-atmosphère, les actions éoliennes s'organisent en unités dynamiques d'échelle continentale appelées Système Global d'Action Éolienne (SGAE) -couvrant le Sahara et le Sahel- ou régionale (balayant l'Égypte du nord au sud), appelées Système Régional d'Action Éolienne (SRAE), dans lesquelles l'homme interagit par ses activités. Un SGAE se divise en trois aires (aires de départ de particules, de transport éolien, d'accumulation), chacune pouvant se retrouver en plusieurs points du SGAE.

La lutte contre la menace éolienne, qui s'exprime notamment contre l’appauvrissement en particules d'argile, de limons ou de sable et, à l'inverse, contre l’ensablement, doit prendre en compte le bilan sédimentaire, le type d’édifice dunaire et faire la différence entre : -la mobilité dans les aires sources où les particules meubles doivent être bloquées ; -la mobilité dans les aires de transport où le courant éolien doit être dévié pour éviter l’ensevelissement des infrastructures humaines et -la mobilité dans les aires de dépôt où c’est l’excès d’ensablement qui est en cause.

La première étape replace le site à protéger dans le SGAE ou dans le SRAE, en tenant compte de la topographie et du type de dune ou de sable mobile et aboutit à estimer la superficie à stabiliser ou à protéger. La seconde étape est la phase opératoire visant à réduire la vitesse du vent à la surface du sol par des stratégies mécaniques et biologiques. La réussite des programmes de lutte suppose l'utilisation et la valorisation des spécificités écologiques et humaines locales pour minimiser les coûts et rendre les solutions viables pour les communautés.

Le carbone dans les sols des zones sèches
Le carbone dans les sols des zones sèches Des fonctions multiples indispensables
10
2013
40 pp

Résumé

Le carbone organique des sols (COS) joue un rôle fondamental dans le comportement des sols et des agroécosystèmes. Augmenter sa teneur améliore la qualité et la fertilité des sols contribuant à la résilience et à la durabilité de l’agriculture et, donc, à la sécurité alimentaire des sociétés. De plus, les sols représentent le plus grand réservoir de carbone en interaction avec l’atmosphère. Les systèmes agricoles et forestiers qui réduisent les concentrations en carbone atmosphérique en le piégeant dans les biomasses et dans la matière organique du sol, sont des puits de carbone. La lutte contre la désertification permet de séquestrer du carbone dans les sols et donc d’atténuer le changement climatique, en plus de contribuer à une gestion agronomique durable.

Depuis peu, les sols sont au cœur des débats internationaux, notamment dans le cadre des trois conventions internationales sur l’environnement. Elles ont des préoccupations liées entre elles, notamment dans les régions sèches : désertification, changement climatique et perte de biodiversité. Pourtant, des politiques concrètes concernant le carbone dans ces régions peinent à se mettre en place. Il manque notamment une meilleure prise en compte de l’impact des activités agricoles, pastorales et forestières sur le cycle du carbone.

Dans l’actuel système des marchés du carbone, les secteurs agricoles et forestiers restent faibles face aux autres secteurs (industrie, etc.). De plus, ces marchés ne reconnaissent pas pleinement les activités qui favorisent la séquestration de carbone dans les sols agricoles, notamment dans les zones sèches. Les marchés se sont jusqu’à présent focalisés sur la vérification de la quantité de carbone séquestrée, alors qu’il serait beaucoup plus simple et vérifiable de promouvoir directement des pratiques reconnues comme « séquestrantes ». Un tel marché pourrait constituer un levier opérationnel beaucoup plus efficace pour modifier les pratiques agricoles et mettre en place une protection des sols des régions sèches.

Sciences et société civile
Sciences et société civile Dans le cadre de la lutte contre la désertification
6
2007
40 pp

Résumé

La recherche scientifique dans et sur les zones arides a véritablement commencé au début du 20e siècle. Développée tout d’abord dans un contexte colonial avec une finalité de mise en valeur, elle a connu une nouvelle vigueur au moment des indépendances des États, particulièrement en Afrique. Les grandes sécheresses des années 70 ont donné une nouvelle impulsion à cette recherche. Les efforts ont été consacrés aux inventaires des écosystèmes ainsi qu’à leur fonctionnement. Les sciences humaines et sociales ont mis l’accent sur les questions foncières, la démographie, les migrations et l’anthropologie économique. Mais il ne faut pas oublier que depuis l’invention de l’agriculture et de l’élevage, les agriculteurs et les pasteurs ont été les premiers observateurs de leur propre milieu.

Devant les grands problèmes majeurs qui se posent depuis la fin du 20e siècle, la question primordiale est de savoir comment marier les connaissances traditionnelles avec les progrès issus de la recherche scientifique. L’accroissement de la population, les changements climatiques, le marché mondial, commandent de trouver des solutions pour parer à l’augmentation de la dégradation des terres.

Ce dossier du CSFD tente de décrire la société civile des pays affectés par la désertification et comment les agriculteurs, les éleveurs et les responsables politiques sont amenés à prendre des décisions, de quels paramètres et informations ont-ils besoin, et comment les scientifiques peuvent-ils leur donner satisfaction. Il décrit également l’apport de certains projets de recherche-développement que le CSFD a sélectionné et suivi dans le début des années 2000. Ces projets, financés par le ministère français des Affaires étrangères et des institutions scientifiques françaises et africaines ont été réalisés en partenariat scientifique Nord-Sud et en partenariat chercheurs - utilisateurs de la recherche sur un certain nombre de thèmes propres à la lutte contre la désertification. En conclusion, le dossier pose le problème du transfert des connaissances des chercheurs vers les utilisateurs finaux et il propose le développement de médias, ou de corps intermédiaires, entre les chercheurs et la société civile.

La télédétection
La télédétection Un outil pour le suivi et l’évaluation de la désertification
2
2005
44 pp

Résumé

La télédétection est une technique permettant l’observation du rayonnement diffusé ou émis par la surface de la Terre. La télédétection par satellite permet des observations régulières, répétitives, fidèles, de la quasi-totalité de la planète, à divers pas d’espace et de temps, dans plusieurs domaines de longueur d’onde.

Ces observations traduisent la nature, l’état, la variation spatiale et temporelle des propriétés des objets présents à la surface terrestre. À titre d’exemple, l’étendue des surfaces en eau, la rugosité, l’humidité des sols et leur changement de nature,la densité et l’évolution phénologique du couvert végétal, les vents de sable, sont des informations présentes dans ces observations.

Néanmoins, ces observations se combinent entre elles le plus souvent et il est plus ou moins difficile de les extraire des données brutes transmises par les satellites. La science de la télédétection consiste à interpréter et traiter les séries spatiales et temporelles d’images afin d’extraire ces paramètres qualitativement ou quantitativement. La désertification est un phénomène de dégradation irréversible des terres. Elle est le résultat de processus complexes liés à l’évolution conjointe et couplée de facteurs naturels et anthropiques. Le départ de tels processus, leur développement et leur résultat, se traduisent dans les états de surface du sol et leur évolution.

Les données de télédétection sont donc porteuses d’informations que la science de la télédétection permet partiellement d’extraire, avec plus ou moins de précision. Ces informations, couplées avec d’autres, interviennent dans diverses phases du processus de désertification. La télédétection apporte des informations utiles, parfois indispensables et impossibles à acquérir autrement (notamment en termes d’homogénéité et de couverture spatiale et/ou de suivi temporel), pour l’alerte précoce, le suivi du développement de phénomènes de désertification et le constat d’un état final. Elle peut notamment permettre de dresser des constats sur les impacts de politiques de lutte. Néanmoins, de par les limitations signalées sur l’extraction des paramètres utiles et le rôle de ces paramètres dans ces processus en jeu, la télédétection s’avère être un outil parmi d’autres, certes puissant, mais non une solution ‘miracle’ scientifique, décisionnelle ou opérationnelle.

Après avoir présenté de manière détaillée la technique et la science de la télédétection, et comment elle permet de suivre certains éléments des processus de désertification, ce dossier s’attache aux cas les plus importants et significatifs, en rapprochant les deux aspects. Certains paramètres et processus clés sont étudiés : rugosité, albédo, température de surface, humidité, indices de végétation d’une part ; suivi de la couverture végétale, modification de composition des surfaces en milieu aride et transport éolien d’autre part. Des exemples sont développés : évolutions de sites particuliers, projets en cours de développement. Des leçons d’expériences passées sont analysées d’un œil critique et des voies pour le futur sont dessinées.

Pastoralisme en zone sèche
Pastoralisme en zone sèche Le cas de l’Afrique subsaharienne
9
2012
60 pp

Résumé

L’élevage pastoral exploite directement des espaces naturels spécifiques souvent pauvres, les parcours. Il est obligatoirement mobile (transhumances). Il continue à progresser en Afrique subsaharienne et à faire vivre de très nombreux pasteurs, à pourvoir le marché en produits animaux et à soutenir des sociétés pastorales spécialisées.

Il s’avère particulièrement pertinent dans les régions tropicales sèches. Les techniques d’élevage s’adaptent en permanence aux conditions ambiantes extrêmement variables, qu’il s’agisse de la répartition spatiale des ressources (fourrage, eau) ou des contextes sanitaires, sociaux et économiques. Le pastoralisme, pourvoyeur de viande, y compris pour l’exportation, joue un rôle important dans l’économie agricole des pays sahéliens. Comme mode de mise en valeur, il participe à la stabilisation sociale et à la paix dans les terres marginales sèches.

Malgré ses avantages, le pastoralisme subsaharien devient difficile à pratiquer. L’aggravation récente des crises climatiques lui a fait payer un lourd tribut. Les droits collectifs sur les parcours sont insuffisamment reconnus et protégés du point de vue légal face à l’extension de l’agriculture ou l’accaparement des terres par des investisseurs. Pour s’adapter, le pastoralisme subsaharien a beaucoup évolué : progression des transhumances vers de nouveaux espaces, sédentarisation partielle des familles et diversification des revenus. Le bétail modifie à long terme l’évolution des écosystèmes pâturés (sol, végétation, biodiversité), mais ces impacts revêtent aussi certains avantages (transferts de fertilité au sol, dispersion de semences, maintien et entretien de milieux naturels). Les dégradations du milieu, qui à l’extrême mènent à la désertification, relèvent le plus souvent de surexploitations localisées ou de mauvaise gestion, défavorables à terme au pastoralisme et dont il convient de rechercher les causes.

Les conditions d’un pastoralisme durable dépendent pour beaucoup des politiques publiques de chaque pays et des législations adoptées. Le milieu professionnel pastoral s’organise et les organisations internationales commencent à prendre la mesure des enjeux économiques et écologiques que représente le pastoralisme pour le futur.

2007
40 pp

Résumé

La question des coûts économiques et notamment macro-économiques de la dégradation des terres devient peu à peu prioritaire dans les réunions internationales sur le développement des régions sèches. Elle rejoint celle du coût de l’inaction mise en évidence par l’Organisation de coopération et de développement économiques en 2005. Les études menées sur le coût de la dégradation des terres au niveau national restent rares et peu référencées dans les publications scientifiques. Différents travaux issus principalement de la Banque mondiale, leurs méthodes, leurs limites ainsi que leurs résultats sont présentés. Deux types d’approche sont différenciées : (i) des modélisations majoritairement centrées sur la compréhension des processus d’érosion pluviale, faites à partir de relevés de parcelles et (ii) des approches plus spatiales divisant les surfaces affectées en fonction des principales activités économiques qui s’y déroulent. Les résultats montrent que le coût de la désertification est bien souvent égal ou supérieur à la croissance agricole des pays concernés, ce qui met en question la réalité ou la durabilité de leur développement rural.

Les analyses des taux de retour sur les investissements engagés dans la lutte contre la désertification (LCD) restent insuffisantes. À partir des quelques travaux clés et d’une revue de plusieurs projets de LCD, le document montre que les taux de retour des projets réussis sont souvent sous-évalués parce qu’ils se limitent aux gains de production agricole. Cependant, les délais de retour constatés pour les investissements dans la réhabilitation des terres dégradées permettent aussi d’expliquer la faible diffusion des pratiques de LCD auprès de populations locales qui ne peuvent en supporter le coût. En conclusion, la question du seul investissement dans la récupération et dans l’entretien des terres comme moteur du développement rural est posée. Ne faut-il pas aussi, pour lutter contre la désertification, promouvoir des petites industries de valorisation des produits des régions sèches, l’écotourisme ou des activités de service ?

2005
32 pp

Résumé

À l'origine considérée comme un problème de développement local, la lutte contre la désertification apparaît peu à peu sur la scène internationale comme un phénomène d'environnement mondial. La lutte contre la désertification peut-elle être envisagée comme un bien public mondial ? Le dossier présente tout d'abord de manière succincte et illustrée l'ampleur du problème et, à titre d'exemples, des moyens disponibles pour l'enrayer. Mais en s'appuyant sur l'analyse des relations entre désertification et transformations des sociétés, et en particulier des aspects liés aux migrations, à la pauvreté et à la régulation foncière, l'élargissement du champ traditionnel de la lutte contre la désertification apparaît nécessaire. La résolution des problèmes de désertification passe en effet par la mise en œuvre d'un ensemble cohérent et interdépendant d'actions conçues à différents niveaux d'organisation, du local au global, et adossées à autant de formes institutionnelles spécifiques. Ces éléments alimentent un débat permettant de décider si la lutte contre la désertification constitue ou non un bien public, en quoi il interpelle ou non la dimension et la communauté internationales et s'il y a lieu ou non de mettre en œuvre de nouveaux mécanismes de lutte.

Support

La rédaction, la fabrication et la diffusion des Dossiers du CSFD sont entièrement à la charge du Comité, grâce à l'appui qu'il reçoit des ministères français et de l'AFD (Agence Française de Développement).

  • Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
  • Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères
  • Ministère de la Transition écologique et solidaire
  • Agence Française de Développement (AFD)

Opinions

Les avis exprimés dans les dossiers reçoivent l'aval du Comité.

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L'humanité doit dorénavant faire face à un problème d’envergure mondiale : la désertification, à la fois phénomène naturel et processus lié aux activités humaines. Jamais la planète et les écosystèmes naturels n’ont été autant dégradés par notre présence. Longtemps considérée comme un problème local, la désertification fait désormais partie des questions de dimension planétaire pour lesquelles nous sommes tous concernés, scientifiques ou non, décideurs politiques ou non, habitants du Sud comme du Nord. Il est dans ce contexte urgent de mobiliser et de faire participer la société civile et, dans un premier temps, de lui fournir les éléments nécessaires à une meilleure compréhension du phénomène de désertification et de ses enjeux. Les connaissances scientifiques doivent alors être à la portée de tout un chacun et dans un langage compréhensible par le plus grand nombre.

C’est dans ce contexte que le Comité Scientifique Français de la Désertification a décidé de lancer une série intitulée Les dossiers thématiques du CSFD qui veut fournir une information scientifique valide sur la désertification, toutes ses implications et ses enjeux. Cette série s’adresse aux décideurs politiques et à leurs conseillers du Nord comme du Sud, mais également au grand public, aux journalistes scientifiques du développement et de l’environnement. Elle a aussi l’ambition de fournir aux enseignants, aux formateurs ainsi qu’aux personnes en formation des compléments sur différents champs disciplinaires. Enfin, elle entend contribuer à la diffusion des connaissances auprès des acteurs de la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la lutte contre la pauvreté : responsables d’organisations professionnelles, d’organisations non gouvernementales et d’organisations de solidarité internationale.

Ces dossiers sont consacrés à différents thèmes aussi variés que les biens publics mondiaux, la télédétection, l’érosion éolienne, l’agroécologie, le pastoralisme, etc., afin de faire le point des connaissances sur ces différents sujets. Il s’agit également d’exposer des débats d’idées et de nouveaux concepts, y compris sur des questions controversées, d’exposer des méthodologies couramment utilisées et des résultats obtenus dans divers projets et, enfin, de fournir des références opérationnelles et intellectuelles, des adresses et des sites Internet utiles.

Édition scientifique et iconographie : Isabelle Amsallem, Agropolis Productions
Conception et réalisation : Olivier Piau, Agropolis Productions